Rallye des Princesses 2005
Suivez avec nous l'Equipage n° 50
Corinne SABATIER et Jonathan DENISON- METGE
Dimanche 22 et Lundi 23 Mai 2005
COCKTAIL, CHAMPAGNE ET COQUELICOTS…
Dimanche, Place Vendôme, un décor de rêve pour nos princesses et nos quelques princes dont Jo fait parti. La journée passe dans la pression du départ, c’est l’heure des vérifications administratives et techniques, la revue des équipages et de leurs véhicules. Tout va bien pour nous, nous sommes impatients de partir…
21h30, le rêve continue, après le cocktail, nous dînons au Ritz, un vrai conte de fée !
Lundi 9h23 : 5, 4, 3, 2, 1, top, c’est parti !
Dans la belle lumière d’un soleil généreux, nous quittons la Place Vendôme dans un vrombissement. Jo m’annonce les notes calmement, après les traditionnels embouteillages parisiens, nous découvrons la vallée de la Marne, c’est beau !
10h59 : départ de la 1ère spéciale, nous maîtrisons bien la navigation, mais je roule trop vite ! Nous faisons nos armes dans la belle vallée de Champagne et nous déjeunons dans les caves Mumm. Champagne à volonté !
17h30 : Contrôle Horaire n° 7, nous sommes en avance…mais là on a le droit ! c’est pas comme en spéciale… J’en profite pour cueillir un bouquet de coquelicots… qu’on offre à Edith et Christiane, nos supers assistantes !
18h39, Golf de la Forêt d’Orient : nous arrivons, fatigués mais contents de notre premier jour en course. Jo a été un parfait prince charmant aujourd’hui pour une princesse un peu trop têtue et donc un peu trop rapide en spéciale. 15ème dans notre catégorie ce soir et un constat : trop vite, promis Jo, demain, je lève le pied !
Encore plus d’infos et de photos sur http://www.zaniroli.com
Source : Equipage n°50
Mardi 24 Mai 2005
TROYES – DIJON
6 PETITS TOURS ET PUIS S’EN VONT…
9h45 : Après un repos bien mérité et très réparateur grâce au Docteur Fou (j’avais près de 40° de fièvre hier soir !), c’est avec joie que nous quittons Troyes pour de nouvelles aventures et sous un magnifique soleil. Très conscients de nos erreurs de la veille, nous avons bien l’intention de faire mieux qu’hier !
Tout se joue en spéciale, et se déroule ainsi : vous savez à quelle heure vous devez partir et à quelle vitesse moyenne vous devez rouler (en l’occurrence, 50km/h), mais vous ne savez pas où est l’arrivée du secteur chronométré...
Je dois donc tenir une vitesse constante et Jo doit être très bon en navigation ; il m’annonce la route grâce au road book qui nous indique l’itinéraire à suivre.
Simultanément, Jo doit gérer les chronos. Chaque seconde de retard par rapport à l’heure idéale compte 1 point et chaque seconde d’avance pénalise de 2 points (5 s de plus = 5 pts, 5 s de moins = 10 pts). De plus, 2 spéciales peuvent s’enchaîner.
La 1ère spéciale se passe bien, on a l’impression d’avoir bien fait (9s)*. Confiants, on s’élance dans les 2ème et 3ème qui ne font qu’une (il y a un contrôle secret), dans un village, on rate une note, demi-tour, tension, pression et forcément on pointe en retard (27s)* et là, on oublie qu’on est encore en spéciale et on discute…pour arriver évidemment en retard à la pointeuse (38s)* ! Au déjeuner, dans une magnifique auberge abbatiale, on est un peu dépité !
15h05 : départ des 4ème et 5ème spéciales. Dès le départ, on a un doute, ça ne colle pas au road book, demi-tour, stress quand on croise une 1ère auto, panique lorsqu’on croise la 2ème ! Re-demi-tour et gros gaz ! Klaxon, on double les 2 voitures, et on roule, vite pour rattraper le temps perdu, quand on découvre le contrôle, on sait qu’on est dans les temps (+2s). On roule du mieux possible dans la 5ème satisfaits d’avoir su gérer la pression ! (- 2s)*.
Dans les 6 et 7, on manque une indication, on rentre dans un village médiéval, très beau mais…on est paumé ! Demi-tour, gros stress et gros gaz…Au contrôle, on est désespéré ! (on prend 60 pts*, forfait quand on a dépassé le temps maximal de 2mn !!). Remobilisation immédiate des troupes car la 7ème s’enchaîne, on rattrape notre retard ! (3s) *.
17h35 : Circuit de Dijon-Prénois : Chouette, on roule sur le circuit, 5 tours, 1 tour de reconnaissance, 1 tour chrono de référence, 2 tours chronos qui doivent correspondre à celui de référence et le dernier, décélération et sortie… Et bien nous, on s’y plaît tellement sur le circuit qu’on ne sait plus compter jusqu’à 5…mais on a bien roulé !
21h30 : les classements tombent ! On découvre avec stupeur notre 6ème tour de circuit et la pénalité qui va avec ! (30 pts)*, on n’y croit pas bien sur !
Voilà, nous avons alterné le bon et le mauvais. Globalement, on a bien roulé, fait 2 fautes en spéciales et une grosse erreur de jeunesse sur le circuit. Ce soir, nous sommes 13ème et demain, promis, on essaie de faire mieux !!
* : les temps réalisés ne sont connus que le soir, les pénalités aussi
Source : Equipage n°50
Mercredi 25 Mai 2005
DIJON – ANNECY
Journée de folie pour un très beau résultat !
Aujourd’hui, c’est moi, Jonathan qui vous raconte cette fameuse journée :
00h37, nous sommes dans notre chambre, dépités de ne pas pouvoir vous faire parvenir notre journée de mardi. En 2005, dans un hôtel 5 étoiles nous n’avons pu avoir accès à Internet ! Vous en aurez donc deux ce soir.
Ce matin, le réveil fut difficile surtout pour moi, 15 min pour sortir du lit, hé oui, ça fatigue de lire des notes toute la journée dans une voiture ! Ma pilote, elle est déjà debout prête à partir, comme si la voiture lui manquait.
Ce matin la procédure de départ n’est pas la même que les autres jours, nous pouvons partir à l’heure que nous voulons mais attention il faut respecter un horaire donné pour le premier Secteur Chronométré. Nous jouons la carte de la sûreté en partant à 9h00 pour rejoindre le SR à 10h17, ce qui nous laisse de la marge. Ensuite, tout s’enchaîne très vite. Très motivés pour bien faire dans la 1ère spéciale, nous essayons de rouler le plus « propre » possible, tout en maintenant notre fameuse moyenne de 50 km/h. C’est très chaud ! La route est très étroite et les virages s’enchaînent très rapidement. Le chrono défile, j’ai le sentiment qu’on réalise enfin notre 1ère performance. A l’arrivée, le contrôleur a le sourire. De fait, on pointe à 0, c'est le temps parfait ! Yahoo !!
Pour autant, il ne faut pas se démobiliser car il reste 4 spéciales dont 2 qui s’enchaînent. Dans la 2ème, je pense qu’on roule un peu trop vite (on a 3s d’avance, 6 pts). A midi, nous déjeunons dans une auberge au bord d’un lac près de Saint Claude dans le Jura.
16h50 : 3ème et 4ème sp : même schéma que ce matin, tout va très vite, j’annonce la route à suivre et les chronos à réaliser. A l’arrivée, je pense être un poil en avance. Vite, c’est reparti. On perd un peu de temps au contrôle, nous sommes en forêt, la route est toujours aussi étroite et les virages toujours aussi nombreux ! Bientôt, après le Col de Richemont, nous entamons une grande descente, les épingles défilent, « ralentis, on va trop vite, 4s ! », encore des épingles, notre Triumph Spitfire souffre, le pot claque, elles se tortille dans les sens, Corinne freine et accélère fort. « Jo, j’ai plus de freins ! », on sait que la fin est proche, on descend au frein moteur, on passe la ligne, je crois toujours être en avance, en fait, on a 6s de retard.
Ce soir, nous sommes dans une ville magnifique, à l’Impérial Palace ! Le conte de fée continue....et plus encore quand on nous donne les classements : 3ème de notre catégorie, 4ème au général de la journée !!! Enfin, on la tient notre perf ! Et surtout, nous avons tenu parole, Corinne gère sa vitesse au mieux, elle m’écoute quand j’annonce les chronos, et je n’ai pas fait d’erreurs de navigation. Nous sommes très contents et demain, nous tenterons de faire aussi bien ! (ça sera très dur !). Les Alpes nous attendent, les mécaniques vont souffrir et les spéciales sont annoncées comme très dures….
* : les temps réalisés ne sont connus que le soir, les pénalités aussi
Source : Equipage n°50
Jeudi 26 mai 2005
ANNECY – SERRE CHEVALIER
Chauds !
Aujourd’hui, c’est la plus grosse journée du Rallye. Aussi, en partant d’Annecy, nous sommes bien résolus à ménager la mécanique qui, on s’en doute, va souffrir énormément dans la traversée des Alpes. Au programme, le franchissement de plusieurs cols, des km de montées et derrière bien sur, la même chose en descente… pauvres freins !
De Notre Dame de Bellecombe jusqu’aux Saisies, lieu de la 1ère spéciale, nous roulons très bien (-1s), mais déjà il fait chaud et la voiture chauffe. Au sommet de Bizanne, lorsque nous avons droit à ¼ d’heure d’arrêt et une collation face au Mont Blanc, nous en profitons surtout pour faire refroidir notre Spit.
12h03 : Bonneval-Col de la Madeleine (2ème et 3ème sp). Quand le top est donné, nous attaquons direct la montée du Col. Cette petite route truffée d’épingles est très fréquentée et notre petite cylindrée est forcément un handicap sur ce type de terrain. Nous croisons de nombreux cyclistes qui descendent très vite, un d’entre d’eux tombe devant nous, heureusement je peux ralentir. Aussitôt après je dois attaquer pour rattraper notre retard, la voiture souffre encore, les pneus crissent, c’est chaud !! Aux contrôles, nous pointons 2s en retard et ensuite 4 en avance. Globalement c’est très bien ! Nous sommes super contents, jusqu’à ce que je regarde à nouveau le témoin de température ! Grosse chauffe ! Le moteur ratatouille, c’est la cata ! Nous nous arrêtons, ça fume…Démoralisés nous pensons que le rêve est fini…On remet du liquide de refroidissement et en levant le capot, Jo a une idée lumineuse, il enlève la plaque du Rallye qui a été installé juste devant la grille du radiateur. Plus d’une heure passe. Le temps qu’il faut pour faire baisser la température.
Je m’en veux de ne pas avoir réagi avant, car évidemment, elle ne peut que gêner le refroidissement du moteur !
Lorsque je redémarre la Triumph, j’espère que nous allons monter jusqu’à Saint Colomban sans souci. Nous avons près de 2 h de retard mais heureusement, le 1er départ a été retardé d’une ½ h, il nous reste très peu de temps pour déjeuner mais nous ne sommes pas pénalisés et la voiture n’est pas trop remontée en température, ce qui est le plus important !
15h20 : Le départ des spéciales est donné directement devant l’Hôtel de la Poste, nous devons franchir les Cols du Glandon (1924m) et de la Croix de Fer. Malgré notre motivation, je sens très vite les limites de la voiture, je roule fort mais j’ai peur qu’elle chauffe à nouveau, nous prenons 6s dans la 1ère et 13 dans la 2ème. Au pointage, le contrôleur nous dit « tranquille maintenant » et là je ne sais pourquoi nous nous nous croyons en liaison, nous faisons du tourisme plus préoccupés à regarder la tempé que la Porsche qui arrive à fond derrière nous et nous dépose en klaxonnant ! J’ai déjà compris quand Jo me crie « Gaz ! on est en spéciale ! » On arrive à un 3ème contrôle, « vite, vous avez du retard » (on vient de prendre le maxi : 60 pts !) On rattrape la Porsche, on la double, je roule, mais je fais très attention, à droite c’est le ravin… On arrive au dernier contrôle avec 43s de retard !! Jo est dépité ! Silence jusqu’à Saint Michel de Maurienne où nous attends une surprise : Le Galibier est fermé ! Détour obligatoire par l’Italie et le Tunnel de Fréjus, c’est le seul moyen pour rejoindre Serre Che ! Encore 2h de voiture sous un soleil de plomb !!
Ce soir, nous ressemblons à de jolies tomates bien mûres… Rien n’y fait, ni la crème en abondance, ni la casquette, seul mon chèche et une écharpe nous protègent le cou ! On ne croirait pas mais le cabriolet ça n’a pas que des avantages… mais qu’est que c’est fun !!
PS : Ce soir, nous sommes 9ème au classement du jour et 12ème au Général.
Source : Equipage n°50
Vendredi 27 mai 2005
SERRE CHEVALIER - MONACO
Heureux mais Triste à la fois
Vendredi, nous savons que l’aventure va se terminer ce soir.
Aujourd’hui est une journée difficile, voir la plus difficile, d’après les bruits qui courent. Il s’agirait encore de montées et descentes de cols comme hier, mais cette fois avec des lacets encore plus impressionnants.
8h50 les mécanos ont encore travaillé tard durant la nuit sur la voiture pour nous permettre de pouvoir passer ces fameuses Alpes. La voiture ne chauffe plus, l’échappement n’est plus libre, nous sommes concentrés, c’est parti pour une journée que nous voulons à tout prix réussir.
La première Liaison nous emmène au col de la Bonette sur la plus haute route d’Europe (plus de 2000 m), d’où nous prenons le départ au CH 31 pour les SR 30 et 31, une route très sinueuse et très raide. La difficulté est de pouvoir anticiper notre retard dans les épingles, pour cela Corinne mets Gaz, mais peut être un peu trop et nous prenons 7s d’avance au SR 30. Je lui annonce qu’il faut assurer la deuxième partie. Nous enchaînons virage après virage, mais je m’inquiète car la plupart des repères du Road book ne sont pas là. Je me base donc sur notre kilométrage total et arrive enfin à me recaler. Ralentis un peu on est pile et voila le contrôle. 0 secondes Yahoo ! Faire une telle montée de col, avec une voiture à puissance limitée ça c’est un exploit ! Reconcentration et direction St Sauveur de Tinée pour le départ de la SR 32. Une spéciale toujours en montée d’environ 5km mais seulement avec 4 repaires. C’est là que l’on doit utiliser les partiels calculés la veille pour pouvoir se recaler entre les cases sur le temps idéal. Les virages s’enchaînent très vite et nous finissons avec une seconde de retard, le même temps que les premiers au classement général. Et la fête continue !
Très fiers de cette matinée nous nous empressons de nous comparer au autres, mais il se trouve que la montagne n’a pas été si facile pour tout le monde. Nous faisons parti des meilleurs de la matinée.
Après une restauration bien méritée à « la Bonne Auberge », nous repartons à 14h45. En route pour le col de Turini. Départ de la Spéciale : nous partons dans quelques secondes. Un bruit de fond gronde, on dirait un … mais oui un hélicoptère de Monaco venu pour filmer la spéciale. Trois, deux, un, zéro nous partons, les virages s’enchaînent et l’hélico est au dessus de nous, c’est dur de rester concentré, à chaque épingle il est là à nous attendre derrière la barrière dans le vide. Pour moi cette spéciale est très difficile j’ai très peu de point de repère, j’utilise donc mes partiels, mais nous avons quand même 5s de retard au SR 33.Vite ne perdons pas de temps, nous sommes encore en spéciale il faut rattraper ces 5s. Je me recale et 5km plus loin SR 34 nous prenons 2s de retard. Si l’on continue comme ça c’est parfait. En sortant de la spéciale, catastrophe, nos amies Corantine Quiniou et Virginie Soulaire, sont arrêtées sur le bord de la route pneu arraché. Elles nous expliquent que pendant la spéciale elles ont tapé un petit mur, le pare-chocs en se déplaçant a arraché le pneu et de ce fait elles ont terminé la spéciale sur la jante. Nous sortons très vite le matériel pour les aider car mine de, ces deux petites jeunettes jouent la victoire du rallye à quelques secondes.
Au bout de quelques minutes Corinne me rappelle que nous aussi nous jouons notre journée, et c’est là qu’arrive le sauveur, Stan un ami journaliste qui a pu continuer à les aider, pendant que nous reprenions la route.
Nous nous calmons et replongeons dans notre course, tout en espérant que Corantine et Virginie pourrons repartir le plus vite possible.
SR 35 dernière spéciale du rallye nous n’avons pas le droit à l’erreur. Nous partons. Après quelques 300m je me rends compte que la route est très courte et que les lacets s’enchaînent en descente, je dis à Corinne que de toute façon nous aurons du retard et qu’elle aille le plus vite possible. Mais les limites de la voiture se font ressentir et nous sommes obligé de ralentir pour économiser nos freins. Nous arrivons au SR avec 33 s de retard et sommes félicités par les commissaires. Nous voila fiers de notre performance (55 points), compte tenu des capacités de la voiture.
Nous rentrons calmement en direction de Monaco jusqu'à ce qu’une Porsche arrive à toute vitesses derrière nous en Klaxonnant, c’est Corantine et Virgine qui enfin exultent leur victoire !
Arrivés à Monaco c’est le Méridien Beach Plaza qui nous attend, pas le temps de se reposer car il faut se préparer pour la remise des prix.
Le repas est très long et la fatigue se fait sentir sur tous les visages. Nous finissons la soirée en boite de nuit, ma sœur Elodie, Lynda Lacoste sa pilote, les deux gagnante Corantine et Virginie, Florence Bourgnon et Corinne bien sur.
Notre aventure se termine à 5h30 du matin sur la plage devant le lever de soleil. Nous sommes arrivés au bout de notre voyage, et sommes fiers de nos progrès et de notre résultat. Nous espérons que vous aurez aimé partager notre aventure et peut être à l’année prochaine.
Un grand merci à nos partenaires.
Jonathan et Corinne
PS : Au Final, nous sommes 8 ème au classement du jour et 12ème au Général.
Photos : Clément Marin
Source : Equipage n°50
|